Mal (nom masculin, adverbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

I.
(pl. Maux ). X e siècle. Emploi substantivé de l'adjectif mal, e .

I. Au sing. Ce qui s'oppose au bien, ce qui est dommageable, nuisible, condamnable.
1. Principe de limitation, d'altération, de corruption inhérent à la nature des êtres. Nier l'existence du . Mal métaphysique, imperfection qui tient à la nature finie de toute créature. Mal moral, qui se manifeste dans toute action contraire à la justice, à l'honnêteté, au respect de la personne humaine, lorsque cette action est commise intentionnellement, en connaissance de cause et en toute liberté. Mal physique, le fait d'être assujetti aux souffrances, aux faiblesses inhérentes à la nature corporelle.
2. Ce qui est contraire à ce que prescrit la loi divine, naturelle, morale. Rendre le bien pour le . Il est enclin au , porté à faire le . Pousser quelqu'un au . Se plaire au . . Parfois avec une majuscule. L'esprit du Mal, Satan. Les puissances du , les puissances infernales, les forces démoniaques. L'empire du . Dieu vous garde, vous préserve du ! Délivre-nous du , dernière supplique du Notre Père. L'arbre de la connaissance du bien et du , voir . Par ext. Se dit en général de ce qui s'oppose aux préceptes de la morale commune et de la religion, aux usages, aux convenances. Je ne vois là aucun . Quel y a-t-il à cela ? Expr. Penser, songer à , avoir une intention mauvaise. Mettre une femme à (vieilli), la violenter. Il a été mis à , malmené, brutalisé. Fig. Ses détracteurs l'ont mis à . Titre célèbre : Les Fleurs du , de Charles Baudelaire (1857).

II. Trouble, tort, dommage.
1. Ce qui est source de souffrance, de heur ; ce qui est mauvais, nuisible, préjudiciable à quelqu'un. Vos paroles ont causé un grand . Vous ai-je jamais fait aucun ? Cette solution serait un moindre . Mal nécessaire. Demi-mal , voir ce mot. Les maux de la vie. Il a souffert tous les maux du corps et de l'âme. Expr. Je ne lui veux ni bien ni , son sort m'est indifférent. Prendre son en patience, supporter avec courage une souffrance, une épreuve. Prendre le à la racine, s'attaquer à sa cause. Prov. De deux maux il faut choisir le moindre. Aux grands maux les grands remèdes. Loc. En . Prendre en , tourner en quelque chose, en donner une interprétation fausse et défavorable. Il a pris en nos conseils, nos remarques. Parler en de quelqu'un, de façon désobligeante, défavorable. Précédé de l'article partitif. Faire du à quelqu'un. Souhaiter, vouloir du à quelqu'un. Il nous a fait beaucoup de . Dire du de son prochain. Il pense du de cette personne, il a d'elle une opinion défavorable. Expr. fam. Il ne ferait pas de à une mouche, il est incapable de méchanceté. Par ext. Dégât, dommage causé à un bien. Les orages ont causé bien du dans les vergers. Expr. Il y a eu plus de peur que de , les dégâts, les dommages sont moins importants qu'on ne le redoutait. Il n'y a pas de , formule familière pour répondre à des paroles d'excuse. Titre célèbre : Le court, de Jacques Audiberti (1947).
2. Douleur physique . Avoir un fort de tête, de violents maux de tête. Ses maux empirent de jour en jour. Loc. Avoir , ressentir une douleur. Où avez-vous ? Avoir à la tête, à l'estomac. La jambe, la tête me fait . Il s'est fait en tombant. Expr. Être dur au , résistant à la douleur. Pop. Avoir aux cheveux, voir . Se dit parfois pour Maladie. Ce s'en ira comme il est venu. Quelquefois, le remède est pire que le . Loc. Prendre , attraper la grippe, un rhume, etc. Accompagné d'un adjectif ou d'un complément, désigne, dans le langage courant, certaines affections. Mal blanc, panaris. Mal de cœur, nausée. Mal de mer, provoqué par les mouvements d'un navire, d'une embarcation. Mal des transports. Mal des montagnes, causé par la raréfaction de l'oxygène en altitude. Anciennt. Mal comitial, sacré, épilepsie. Haut , petit , voir . Mal des ardents, voir . Mal français, napolitain, syphilis. Mal de Pott, tuberculose vertébrale. Mal de Bright, néphrite.


Mal de brout, voir .
3. Souffrance affective ou morale, chagrin, tourment. Les maux de la solitude, de l'exil. Mal de langueur, d'amour. Mal de vivre, sensation ou sentiment douloureux devant la vie. Mal du pays, tristesse, nostalgie que ressent celui qui est éloigné de sa patrie. Mal du siècle, état de mélancolie et d'insatisfaction propre aux jeunes gens de l'époque romantique et, par ext., aise commun à un grand nombre de personnes et qui semble propre à une époque. Loc. fam. Être en de, souffrir de l'absence de, du manque de. Être en d'affection. Un artiste en d'inspiration. Spécialt. Une femme en d'enfant, qui souffre de ne pas être mère.
4. Par affaibl. Peine, difficulté. J'ai eu le plus grand à vous trouver. Il a appris à lire sans aucun . Avoir du à faire quelque chose, n'y parvenir qu'à grand-peine ou, spécialt., accomplir une tâche à contrecœur. Se donner du . Son travail lui donne du ou, fam., un fou, un de chien.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(Pluriel : MAUX.) Ce qui est contraire au bien, ce qui est mauvais, nuisible, désavantageux, préjudiciable, etc. "Le et le bien. Dieu dispense les biens et les maux. La vie est un enchaînement de biens et de maux. Mal physique. Mal moral. Il a souffert tous les maux du corps et de l'âme. Rendre le bien pour le . Faire du , souhaiter du à quelqu'un. Vouloir du . Je ne lui veux ni bien ni . Ce petit événement a causé un grand . Prévenir, arrêter, faire cesser, réparer le . Dieu vous garde, vous préserve du . Si vous le fréquentez, vous en prendra. De deux maux il faut choisir le moindre. Il a eu plus de peur que de . Un imaginaire," Un qui n'existe que dans l'imagination.
Prov., "Mal d'autrui n'est que songe." Voyez AUTRUI.
MAL signifie aussi Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. "Il est enclin au . Un enfant porté à faire le . Il vaut mieux prévenir le que d'être réduit à le punir. Faire le bien et le sans discernement. Il y a du , il n'y a pas de , il n'y a pas grand à cela. Quel y a-t-il à cela? La science du bien et du . Avoir le génie du ."
"Mettre une femme à ," Rendre une femme enceinte par violence ou par séduction.
"Penser à ," Avoir quelque intention igne ou mauvaise. "J'ai dit cela sans penser à mal."
MAL signifie encore Douleur physique, adie. "Vous me faites . Avoir à la tête, un grand de tête, de continuels maux de tête. La tête me fait . Mal aux yeux. Mal d'yeux. Mal aux dents. Mal de dents. Avoir à l'estomac, au ventre, à la jambe. Où a-t-il pris ce ? Mal de Pott. Ce remède guérit bien des maux. Où avez-vous ? Ce" " m'a pris tout à coup, est venu subitement. Ce s'en ira comme il est venu. Quelquefois, le remède est pire que le ."
"Mal d'enfant," Les douleurs d'une femme qui accouche. "Être en d'enfant."
"Mal caduc, haut ." Voyez CADUC, HAUT.
"Mal de mer." Voyez MER.
"Mal de coeur." Voyez COEUR.
"Mal de montagne." Voyez MONTAGNE.
"Mal du pays." Voyez PAYS.
Prov., "Aux grands maux les grands remèdes." On le dit au propre et au figuré.
MAL signifie aussi Peine, travail, difficulté. "On a trop de dans cette maison. Il a bien du à gagner sa vie. Il se donne bien du pour nourrir sa famille."
Fig., "Avoir du , bien du à faire une chose," La faire avec répugnance, avec chagrin. "Il a eu bien du à vous quitter."
MAL signifie en outre Dommage, perte. "La gelée a tout perdu, il y a encore plus de que l'on ne croit. Il n'y a que demi-mal."
MAL signifie, dans plusieurs locutions, Propos désavantageux tenu sur quelqu'un, ou Interprétation défavorable et fausse donnée à quelque chose. "Dire du de son prochain. Il a dit beaucoup de de moi. C'est un homme qui prend tout en . Il a tourné en les choses obligeantes qu'on lui disait."
MAL s'employait autrefois aussi comme adjectif. "La e peste vous étouffe."
Il est employé encore ainsi dans "Bon gré gré" et "Bon an, an."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adverbe 

De mauvaise manière, autrement qu'il ne faut, qu'il ne convient, qu'on ne désirerait. "Cette affaire va . Il a fait ses affaires. Il a réussi. Que cette lettre est tournée! J'ai entendu. Il chante, il écrit, il parle . Il tient à cheval. Il est dans ses affaires. Mal vu, pensé, dit, interprété. Cela est arrivé à propos. De en pis," D'un état mauvais à un autre plus mauvais.
"Prendre une chose," S'en offenser. "Il a pris la réponse qu'on lui a faite."
"Se trouver ," Tomber en faiblesse, en défaillance. Il signifie aussi Éprouver du aise; comme on dit, dans un sens contraire, "Se trouver bien."
"Se trouver d'une chose," En éprouver du dommage, de l'inconvénient. "Il s'est trouvé de n'avoir pas suivi votre conseil."
"Se mettre ," S'habiller sans goût.
"Se mettre avec quelqu'un," Se brouiller avec lui.
"Être avec quelqu'un," Être brouillé avec lui.
"Pas " se dit familièrement pour marquer l'approbation. "Pas ! pas ! Continuez!"
Il est aussi employé comme adjectif invariable dans les expressions suivantes : "Être mal," Être sérieusement ade; "Être fort ," Être en danger de mort. Substantivement, "être au plus ," Être dans un état désespéré.
Dans le langage familier, "Être , N'être pas " se dit en parlant du Visage, de la tournure, des manières. "Cette jeune fille n'est pas . Comme ce jeune homme est !"



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Adj. Qui nuit, qui blesse. Mal est adjectif masculin dans les locutions : bon gré, gré ; bon an, an.
    Il est aussi adjectif dans cette tournure : Il est d'acquérir la fortune par des voies illicites.
BALZ.: « Il me semble qu'il ne serait pas de considérer de plus près les amertumes présentes »
GRESS.: « .... Mais le peu que j'y vois Me paraît à vous, et dangereux pour moi »
    Il est féminin dans les locutions suivantes (féminin que ne donne pas le Dictionnaire de l'Académie) : la e faim, voy. FAIM et MALEFAIM ; la e heure (voy. HEURE, n° 13) ; la e tache.
GUI PATIN: « La force de la e tache du péché originel »
    Autrefois , e était un adjectif pleinement usité ; il ne reste plus, comme on voit, que des traces de cet usage.

 2   S. m. Le , ce qui nuit, ce qui blesse ; le contraire du bien (c'est l'adjectif pris substantivement).
MALHERBE: « Ou que leur avint-il en ce vite départ [mort prématurée], Que laisser promptement une basse demeure Qui n'a rien que du , pour avoir, de bonne heure, Aux plaisirs éternels une éternelle part ? »
CORN.: « Parlez plus sainement de vos maux et des miens ; Chacun voit ceux d'autrui d'un autre oeil que les siens »
CORN.: « Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes »
CORN.: « À raconter ses maux souvent on les soulage »
CORN.: « Et de deux maux qu'on craint également Celui qui nous arrive est toujours le plus grand »
SACI: « Ne perdez pas le souvenir du au jour heureux, ni le souvenir du bien au jour heureux »
LA FONT.: « ....Quand le est certain, La plainte ni la peur ne change le destin »
PASC.: « Sera-ce les philosophes qui nous proposent pour tout bien les biens qui sont en nous ? est-ce-là le vrai bien ? ont-ils trouvé le remède à nos maux ? »
PASC.: « Qu'il y a un Dieu, qu'on est obligé de l'aimer, que notre vraie félicité est d'être en lui, et notre unique est d'être séparé de lui »
PASC.: « N'appelons que ce qui rend la victime de Dieu victime du diable »
PASC.: « Le est aisé, il y en a une infinité ; le bien presque unique ; mais un certain genre de est aussi difficile à trouver que ce qu'on appelle bien ; et souvent on fait passer pour bien à cette marque ce particulier »
PASC.: « Nous n'avons ni vrai ni bien qu'en partie, et mêlé de et de faux »
PASC.: « Le plus grand des maux est les guerres civiles ; elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites ; car tous diront qu'ils méritent ; le à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance, n'est ni si grand, ni si sûr »
SÉV.: « Nous trouvions l'autre jour qu'il n'y avait de véritable dans la vie que les grandes douleurs ; tout le reste est dans l'imagination »
TH. CORN.: « Le plus grand de mes maux est de ne t'aimer plus »
BOSSUET: « Ni les maux qui l'ont surprise, ni ceux qu'elle a prévus n'ont abattu son courage »
BOSSUET: « La pauvreté n'était pas un pour eux [les Romains] »
BOSSUET: « Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous en aurez à corriger ; il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous serez au milieu des biens où il est dangereux de se plaire trop »
BOSSUET: « Reconnaissez ici le monde ; reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biens »
BOILEAU: « Souvent la peur d'un nous conduit dans un pire »
RAC.: « Quel est donc ce grand que leur courroux [des dieux] annonce ? »
RAC.: « Je souffre tous les maux que j'ai faits devant Troie »
VOLT.: « Tout arrive avec des ailes, et s'en retourne en boitant »
VOLT.: « Il ne faut croire le que quand on ne peut plus faire autrement »
VOLT.: « Je suis bien loin de vous dire, comme certains raisonneurs, que les maux particuliers forment le bien général ; cette extravagance est trop ridicule »
VOLT.: « Il rassemble sur lui tous les maux des enfers »
J. J. ROUSS.: « En politique, comme en morale, c'est un grand que de ne point faire le bien »
BEAUMARCH.: « Quand on cède à la peur du , on ressent déjà le de la peur »
M. J. CHÉN.: « Sire, un violent veut un remède extrême »
    Un d'opinion, un qui n'est que dans l'opinion, dans l'imagination des hommes.
MOL.: « Un d'opinion ne touche que les sots »
    Les maux d'imagination, les maux qui ne sont pas réels.
MARMONTEL: « C'est une idée assez heureuse pour exprimer la crainte des maux d'imagination que l'allégorie d'un enfant qui souffle en l'air des boules de savon, et qui, s'effrayant de leur chute, inspire la même frayeur à une foule d'autres enfants, sur qui ces boules vont retomber »
    Faire du , nuire, infliger quelque chose qui fasse souffrir.
PASC.: « Tant de gens qui ne vous ont point fait de »
SÉV.: « Nous avons été si vilainement trompés par la Jarie.... si vous pouvez épargner Pasgerant, j'en serai bien aise ; mais, pour la Jarie, je vous prie de lui faire non-seulement toute la peur, mais encore le , s'il en faut venir là »
FÉN.: « Ce mensonge ne fait aucun à personne »
VOLT.: « Je gagne déjà quelque chose à dire du ; si je puis parvenir à en faire, ma fortune est faite »
VOLT.: « L'occasion de faire du se trouve cent fois par jour, et celle de faire du bien une fois dans l'année, comme dit Zoroastre »
P. L. COUR.: « Ils [les gens de la cour, dans un château royal, à la campagne] chassent à travers nos blés avec leurs chiens et leurs chevaux, ouvrent nos haies, gâtent nos fossés, nous font mille maux, mille sottises »
V. HUGO: « Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal ; Hélas ! sans le vouloir je te ferais du ! »
    Vouloir du à quelqu'un, souhaiter que du lui arrive, être irrité contre lui.
CORN.: « Aussi bien que Pompée, il vous voudra du »
MOL.: « Que je veux de à mes gens, de ne vous avoir pas fait entrer d'abord ! »
TH. CORN.: « Mais aujourd'hui, Cliton, elle attend ma visite, Et me voudra du , si je ne m'en acquitte »
D'ALLAINVAL: « À la fin je me suis voulu un incroyable de m'être opposé un seul moment à ce mariage »
    On dit dans le même sens : vouloir , ou, en renforçant, vouloir de mort.
MALH.: « [Ô mort] Ceux qui te veulent sont ceux que tu conserves »
ROTROU: « Mon coeur, es-tu si tendre Que de donner des pleurs à l'époux de Cassandre, Et vouloir au bras qui t'en a dégagé ? »
MOL.: « Je me veux de mort d'être de votre race »
MOL.: « Je suis sotte, et veux à ma simplicité, De conserver encor pour vous quelque bonté »
MOL.: « Vous voulez un grand à la nature humaine »
HAMILT.: « Ils voulurent à leurs officiers de ce qu'ils n'étaient pas si bien servis »
    Il vous en prendra , vous en prendra, cela vous causera du , du dommage.

 3   Absolument. Le , la part de qui aux yeux de l'homme règne dans l'univers. Les philosophes ont cherché longtemps la cause du . La religion de Zoroastre attribue le à un mauvais principe qui partage la souveraineté du monde avec le principe de bien.
VOLT.: « Il n'y a point de pour le grand être ; il n'y a pour lui que le jeu de la grande machine qui se meut sans cesse par des lois éternelles »
J. J. ROUSS.: « Wolmar se contentait de l'aveu que, peu ou beaucoup, enfin le existe, et de cette seule existence il déduisait défaut de puissance, d'intelligence ou de bonté dans la première cause »
LAMART.: « Le dès lors régna dans son immense empire ; Dès lors tout ce qui pense et tout ce qui respire Commença de souffrir »
    Terme de philosophie. Mal métaphysique, imperfection de nature qui tient à l'essence des choses.
    Mal physique, les souffrances, les adies, la mort.
    Mal moral, crime et péché. e qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. La science du bien et du .
LA ROCHEF.: « Il y a des gens de qui l'on ne peut jamais croire du sans l'avoir vu ; mais il n'y en a point en qui il nous doive surprendre en le voyant »
SACI: « Il n'a point vu le soleil et n'a point connu la différence du bien et du »
MOL.: « Et le n'est jamais que dans l'éclat qu'on fait »
PASC.: « On ne doit pas faire le moindre pour faire réussir le plus grand bien »
PASC.: « On se corrige quelquefois mieux par la vue du que par l'exemple du bien »
BOSSUET: « Dieu conserve au juste un plus grand don ; il retire le pécheur d'un plus grand »
BOSSUET: « Il [saint Augustin] nous apprend qu'il y a en nous deux sortes de maux : il y a en nous des maux qui nous plaisent, et il y a des maux qui nous affligent »
FÉN.: « Quand les hommes veulent quitter le , le semble encore les poursuivre longtemps »
LE SAGE: « Laure avait eu autant de peine à porter sa fille au que les autres mères en ont à porter les leurs au bien »
LE SAGE: « Que personne ne songe à tromper les autres, c'est s'abuser soi-même ; qui fait, trouvera »
J. J. ROUSS.: « La honte, compagne du , me rendit muet, tremblant devant elle »
J. J. ROUSS.: « Tout ce qui est en morale est encore en politique »
MALFILÂTRE: « Serait-ce un de s'unir quand on s'aime, Pour que le ciel voulût nous en punir ? »
    Induire quelqu'un à , le porter au vice, au péché, au crime.
    Mettre une femme à , la séduire.
SCARR.: « Le luxurieux ani Mit une pauvre fille à »
MOL.: « Femmes mises à , maris poussés à bout, tout le monde est content »
HAMILT.: « Je ne pense pas que vous espériez la mettre à »
    Mettre à , se dit aussi, en général, pour corrompre.
P. L. COUR.: « C'est l'imprimerie qui met le monde à , c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création, et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre »
    Penser, songer à , avoir quelque intention igne ou mauvaise.
VOLT.: « Si un pauvre philosophe qui ne pense point à , s'avise de vouloir faire tourner la terre »
VOLT.: « Toutes ces bonnes gens sont trop occupés pour songer à »
    Il n'y a pas de à, on ne pèche pas en.
PASC.: « Quel y a-t-il d'aller dans un champ et de s'y promener en attendant un homme ? »
    Il n'y a pas de entre eux, se dit pour exprimer que les relations d'un homme et d'une femme sont tout à fait innocentes.
SÉV.: « Messieurs, vous vous trompez, si vous croyez qu'il y ait du entre nous : je vous assure que nous sommes comme frère et soeur »
    Familièrement. Faire du , commettre quelque action contraire à la morale.
Mme DE CAYLUS: « Un jour la duchesse d'Uzès, étonnée de ses scrupules [de Mme de Montespan], ne put s'empêcher de lui en dire un mot : Eh ! pourquoi, madame reprit Mme de Montespan, faut-il, parce que je fais un , faire tous les autres ? »
BEAUMARCH.: « La comtesse : Si quelqu'un entrait ? - Suzanne : Est-ce que nous faisons du donc ? »

 5   Douleur physique, adie.
VOIT.: « J'ai une extrême tristesse de voir que mon âme soit divisée en deux corps si faibles que le vôtre et le mien, et qu'il faille que je sois toujours ade de mes maux ou des vôtres »
MOL.: « Mes yeux ont-ils du pour en donner au monde ? »
PASC.: « Considérez les maux que je souffre et qui me menacent ; voyez d'un oeil de miséricorde les plaies que votre main m'a faites, Ô mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort »
PASC.: « Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l'âme »
PASC.: « Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait faire si on était ade ; quand on l'est, on prend médecine gaiement ; le y résout »
SÉV.: « La pauvre la Mousse a eu aux dents »
SÉV.: « Il a un peu à la main droite »
SÉV.: « Elle [ma fille] me mande qu'elle est mieux, qu'elle n'a point de à la poitrine »
BOSSUET: « Toujours assis, comme son le demandait »
BOSSUET: « Et celle [la adie] que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre chose, à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du que nous apportons au monde en naissant ? »
FLÉCH.: « Lorsqu'un funeste et contagieux se répandit tout à coup.... »
BOILEAU: « Ces douces ménades Qui, dans leurs vains chagrins, sans toujours ades... »
BOILEAU: « Courtois et Denyau [deux médecins], mandés à son secours.... sauront bien.... Lui donner sagement le qu'elle n'a point »
RAC.: « Vous périssez d'un que vous dissimulez »
STAËL: « Philoctète est peut-être le seul sujet tragique dans lequel les maux physiques puissent être admis »
BÉRANG.: « Un cuisant déchire ma poitrine »
    Particulièrement, les maux, petites souffrances continuelles, par opposition à adie.
MAINTENON: « Ne soyez point en peine de ma santé, elle est délicate : un rien la dérange : souvent des maux, jamais de adie »
    Maux de nerfs, souffrances indéterminées, synonyme de vapeurs, hypocondrie, etc.
    Mal de tête, douleur qu'on éprouve à la tête, céphalalgie.
MOL.: « Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, Avec un de tête étrange à concevoir »
MARMONTEL: « Elle feignit un de tête ; et l'on sait qu'un de tête, pour une jolie femme, est une manière civile de congédier les importuns »
    Mal du pays, adie du pays, la nostalgie.
BÉRANG.: « Ces bals charmants où les femmes sont reines, J'y meurs, hélas ! j'ai le du pays »
P. L. COUR.: « Mon ami, tu es triste, tu te promènes seul tu fuis tes camarades, tu as le du pays »
    Chaud , la fièvre chaude, le transport au cerveau.
    Fig. Tomber de fièvre en chaud , tomber d'un petit accident en un plus grand, voir empirer sa condition.
SCARR.: « C'est tomber de fièvre en chaud »
    Allez, Dieu vous garde de , se dit à quelqu'un que l'on congédie, que l'on reconduit.
    Faire à, causer de la douleur, de la adie.
MOL.: « Mon coeur.... N'entend pas que mes yeux fassent à personne »
SÉV.: « La bise de Grignan [qui règne à Grignan, en Provence].... me fait à votre poitrine »
    Faire se dit aussi de la partie qui est douloureuse. Le doigt me fait . Le genou m'a fait toute la nuit.
    Se faire , se blesser. Elle s'est fait au doigt.
SÉV.: « Sous prétexte que je me fais aux yeux »

 6   Familièrement, un , un furoncle, un clou, un abcès, une tumeur.
MAINTENON: « Je ne puis continuer ma lettre : on parle d'ouvrir le du roi en quatre »

 7   Mal joint à une autre qualification sert à dénommer diverses adies ou souffrances.
    Mai des ardents, adie qui paraît avoir été une affection gangréneuse, caractérisée surtout par des destructions de la peau et des membres ; cette affection a régné à diverses reprises d'une manière épidémique, pendant le moyen âge.
    Mal d'aventure, nom donné à de petits abcès qui surviennent près d'un des ongles de la main.
    On donne aussi aux panaris le nom de d'aventure.
    Mal caduc, mai Saint-Jean, sacré, haut , l'épilepsie.
    Mal chimique, nom donné par les ouvriers à la nécrose de la mâchoire inférieure causée par le travail prolongé dans les fabriques d'allumettes phosphorées ou allumettes chimiques.
    Mal de coeur, envie de vomir, nausées.
SÉV.: « À moitié chemin j'eus un grand de coeur »
    Mal de coeur, maux de coeur, symptôme de grossesse.
    Fig. Mal de coeur, dégoût de quelque chose ou de quelqu'un.
SÉV.: « Parlons un peu de votre frère, ma fille, il est d'une faiblesse à faire au coeur ; il est tout ce qu'il plaît aux autres »
SÉV.: « Il me vient tout conter, en disant qu'il se fait au coeur à lui-même ; je lui dis qu'il me fait au coeur aussi, je lui fais honte, je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme »
    Mal d'enfant, les douleurs d'une femme qui accouche.
LA FONT.: « Une montagne en d'enfant »
    Mal de Fiume ou scherlievo, voy. ce mot.
    Mal français, voy. de Naples.
    Mal de gorge des prédicateurs, angine glanduleuse ou granuleuse.
    Mal de mâchoire, nom vulgaire donné au trismus.
    Mal de mer, indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer, et qui est caractérisée par des désordres d'estomac.
    Mal de mère, l'hystérie.
    Mal de misère, nom donné par quelques médecins à la pellagre.
    Mal de montagne, l'ensemble des phénomènes qui se manifestent lors de l'ascension sur les hautes montagnes.
    Mal de mort, nom d'une espèce de lèpre, dans laquelle les parties affectées prenaient une couleur livide et semblaient dans un état complet de mortification.
    Mal de Naples, nom que les Français donnent à la syphilis, parce que des soldats l'apportèrent, dit-on, autrefois du siége de Naples, vers la fin du XVe siècle ; les Italiens, au contraire, qualifient cette adie de français.
P. L. COUR.: « Tu pourras lui dire, que sans ma adie de Naples (qui n'était pas le de Naples), j'aurais fait il y a six mois cette demande »
    Mal de rose ou des Asturies, sorte de pellagre, ainsi dite parce qu'elle donne une teinte rouge à la peau et qu'elle règne dans les Asturies.
    Mal rouge de Cayenne, espèce d'éléphantiasis.
    Mal Saint-Antoine, sorte d'érésipèle.
    Mal Saint-Jean, la chorée. Mal Saint-Lazare, l'éléphantiasis.
    Mal Saint-Main, nom donné tantôt à la gale, tantôt à la lèpre.
    Mal de Saint-Roch, adie des paveurs et tailleurs de pavés de Paris et de Fontainebleau, et qui provient de l'introduction de la poussière du grès dans les poumons.
    Mal de Siam, nom donné à la fièvre jaune, parce qu'on a cru que, dans le XVIIe siècle, elle avait été apportée de Siam dans les îles de l'Amérique ; ce qui est une erreur.
    Mal vénérien, la syphilis.
    Populairement. Avoir du , avoir la syphilis. Donner du , gagner du , communiquer la syphilis, être atteint de syphilis.
SÉV.: « Il s'emporta, et dit... que, si sa femme avait du , elle était.... »
    Mal vertébral de Pott, carie d'une ou de plusieurs vertèbres, ainsi appelée parce que Pott, chirurgien anglais, en a donné une excellente description.

 8   Mal est employé dans le langage des vétérinaires pour désigner diverses affections des animaux.
    Mal d'âne, crevasses qu'on remarque souvent autour de la couronne du sabot des bêtes chevalines, de l'âne surtout, lorsque ces animaux sont atteints d'eaux aux jambes.
    Mal de bois ou de brout, adie qui attaque les bestiaux qu'on mène paître, au printemps, dans les bois.
    Mal de cerf, adie du cheval qui ne paraît pas différer du tétanos.
    Mal d'encolure, nom générique des blessures de la partie supérieure de l'encolure produites par des contusions ou des frottements répétés.
    Mal de feu ou d'Espagne, hépatite aiguë des animaux, accompagnée d'inflammation des méninges. On l'appelle aussi vertige idiopathique.
    Mal de foie, nom vulgaire qui a été donné à la pourriture du mouton ou cachexie aqueuse.
    Mal de garrot, meurtrissure ou blessure faite au garrot du cheval.
    Mal de pied, nom vulgaire donné au piétin.
    Mal de rognon, contusion sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des vertèbres lombaires, chez les bêtes chevalines.
    Mal de taupe, tumeur qui survient à la région de la nuque chez le cheval, et même chez le boeuf, où elle porte le nom d'écrouellet.
    Mal de tête de contagion, nom donné tantôt à l'anasarque, tantôt à la morve gangréneuse chez le cheval.

 9   Terme de magnanerie. Mal de vers ou de bassine, affection observée dans les fabriques où l'on dévide les cocons de soie.
    Terme de fauconnerie. Mal subtil, espèce de phthisie qui attaque les oiseaux de proie.

 10   Peine, travail. Il a eu bien du à l'armée.
SACI: « Le lendemain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit son »
    Se donner du , prendre de la peine. Il s'est donné beaucoup de pour faire réussir cette affaire.
BÉRANG.: « Que de nous nous donnons Pour tromper des infidèles ! »
    Fig. Avoir du , bien du à faire une chose, la faire avec répugnance, avec chagrin. Il a eu bien du à vous quitter.

 11   Dommage, perte, calamité. La gelée a fait beaucoup de aux vignes.
CORN.: « Quel nous fait sa vie ? »
BÉRANG.: « Sur les coussins où la douleur l'enchaîne, Quel , dis-tu, vous fait ce roi des rois ? »

 12   Inconvénient.
BALZ.: « Il n'y a point de qu'elle médite un peu là-dessus »
RACAN: « Je ne saurais choisir un plus parfait berger ; Tout le que j'y trouve est qu'il est étranger »
LA FONT.: « Le est que dans l'an s'entremêlent des jours Qu'il faut chômer... »
BOILEAU: « Le est qu'en rimant, ma muse un peu légère Nomme tout par son nom, et ne saurait rien taire »
MONTESQ.: « Le de changer est-il toujours moins grand que le de souffrir ? »
DIDER.: « Quel y aurait-il à prévenir un forfait par de l'indulgence pour une faiblesse ? »
GENLIS: « Quand on le découvrirait, le grand ! est-il défendu d'aimer la campagne, la solitude ? »
    Il n'y a que demi-mal, le est peu considérable.

 13   Paroles désavantageuses tenues sur quelqu'un ou quelque chose ; et aussi interprétation défavorable donnée à quelque chose. C'est un homme qui prend tout en . La médisance tourne en les paroles innocentes. Pourquoi expliquer en ce qui est dit indifféremment ?
CORN.: « Qu'on parle bien ou du fameux cardinal ; Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien ; Il m'a fait trop de bien pour en dire du , Il m'a fait trop de pour en dire du bien »
ID.: « Ce poëme a tant d'illustres suffrages qui lui donnent le premier rang parmi les miens, que je me ferais trop d'importants ennemis si j'en disais du »
MOL.: « Parbleu ! tous les autres comédiens qui étaient là pour la voir [une pièce], en ont dit tous les maux du monde »
SÉV.: « Avec ces premiers [les confesseurs] on est comme Mlle d'Aumale, on aime mieux dire du de soi que de n'en point parler »
BOILEAU: « Le qu'on dit d'autrui ne produit que du »
VOLT.: « On m'a dit aujourd'hui du de la santé de M. d'Argenson ; c'est le seul qu'on puisse dire de lui »
VOLT.: « Je serais fort étonné si le roi son père [de Frédéric II] revenait de sa adie ; il faut qu'il soit bien , puisqu'il est défendu en Prusse de parler de sa santé ni en bien ni en »
GRESSET: « Dites, pour l'achever, du de la maison »
MARMONTEL: « La louange la plus flatteuse pour une jolie femme, c'est le qu'on lui dit de ses rivales »
    On lit dans la Bruyère, VIII : Pensant de tout le monde, il n'en dit de personne. Il serait plus correct de dire : Pensant du de tout le monde.

 14   Mal, adv. Autrement qu'il ne faut.
CORN.: « Quel espoir conçu te rapproche de moi ? Aurais-je de l'amour pour qui n'a point de foi ? »
LA FONT.: « Est-on sot, étourdi, prend-on ses mesures, On pense en être quitte en accusant son sort »
LA FONT.: « Bien qu'au moins qu'il pût il ajustât l'histoire, Le loup fut un sot de le croire »
PASC.: « Pour modérer leur folie au moins qu'il se pouvait »
BOILEAU: « Un as à propos jeté »
CHAULIEU: « Paix ! crois-moi, ne parle guère ; J'en sais qui, sans dire mot, N'ont pas fait leur affaire »
REGNARD: « Un amant en grand deuil a toujours son mérite ; Et, quand, comme Carlin, on serait formé, Du moment qu'on hérite, on est sûr d'être aimé »
J. B. ROUSS.: « Mais qui sait , n'apprendra jamais bien »
MONTESQ.: « Vous ne pouvez plus être occupé à bien dire, quand vous êtes effrayé par la crainte de dire »
VOLT.: « Pour bien assurer qu'une chose est , il faut voir en même temps qu'on pourrait mieux faire »
VOLT.: « Mais tremblez en formant ces noeuds assortis »
J. J. ROUSS.: « Comment me prouverez-vous que ces mauvais penchants dont vous prétendez le guérir [l'enfant], ne lui viennent pas de vos soins entendus, bien plus que de la nature ? »
    Mal, dans un sens négatif.
CORN.: « Toutefois j'aurais tort de jeter dans les coeurs, L'avis étant sûr, de paniques terreurs »
CORN.: « Et nous aurions le ciel à nos voeux propice.... »
CORN.: « Et la vertu timide est propre à régner »
MOL.: « Il semble qu'ils sortent d'ici satisfaits »
RAC.: « Qu'ils viennent essayer leur main assurée »
    Mal fait, dont le corps est fait, qui a mauvaise tournure.
BALZ.: « Une personne aussi faisante que faite »
    Substantivement.
MOL.: « Peux-tu me conseiller de commettre un forfait, D'abandonner Lélie et prendre ce fait ? »
    On écrit quelquefois en un seul mot : fait.
    Faire , exécuter d'une manière défectueuse. Il fait tout ce qu'il fait.
    C'est dire, c'est s'exprimer d'une façon inexacte.
P. L. COUR.: « Chardon de la Rochette.... se présente à l'Académie, qui toute d'une voix le refuse ; non, c'est dire : on ne fit nulle attention à lui »
    Cote taillée, voy. COTE.
    Terme de blason. Mal taillé, se dit des pièces grossièrement dessinées.
    Terme de chasse. Un ani est mené lorsqu'il a beaucoup couru et qu'il est sur ses fins.
    Mal à l'aise, incommodé tant au physique qu'au moral. Mal à l'aise en présence d'une personne qu'il avait offensée.
V. HUGO: « Pris dans un corps fait, où je suis à l'aise »

 15   Se mettre , s'habiller sans goût, voy. METTRE.

 16   Prendre une chose, s'en offenser. Il a pris la réponse qu'on lui a faite.
    Prendre un passage, n'en pas saisir le véritable sens.
    Parler , dire du .
GRESSET: « [Il] Parle bien de lui-même et de tout le monde »

 17   Se trouver , tomber en faiblesse, en défaillance, et aussi éprouver du aise.
    Se trouver d'une chose, en éprouver du dommage, de l'inconvénient.
    Mal en point, voy. POINT.

 18   Être avec quelqu'un, être brouillé avec lui.
MAINTENON: « Je vous assure que ceux qui disent et qui écrivent que vous êtes avec moi sont instruits : vous n'y avez jamais été si bien »
MAINTENON: « C'est mon avis ; si vous ne le suivez pas, nous n'en serons pas plus ensemble »
MARIVAUX: « Il est vrai que j'étais née douce, et qu'avec le caractère que j'avais, rien ne m'aurait plus inquiétée que de me sentir dans l'esprit de quelqu'un »
VOLT.: « L'opinion publique, la créance de tous les ligueurs était qu'il fallait tuer son roi, s'il était avec la cour de Rome »
    Mettre quelqu'un avec, le brouiller avec.
FÉN.: « Il était impossible de le mettre [Aristippe] avec eux [les rois] »
    Se mettre avec quelqu'un, se brouiller avec lui. Être en cour, n'avoir pas la faveur du prince.
VOLT.: « Ce sont apparemment mes ennemis, madame, qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis en cour »
    Fig.
HAMILT.: « Trop avec la fortune pour pouvoir en soutenir la dépense [d'une certaine existence] »
    N'être pas avec une dame, se dit dans un style cavalier pour faire entendre qu'on a touché son coeur.
MONTESQ.: « Je suis venu à la campagne, me dit-il, pour faire plaisir à la maîtresse de la maison, avec laquelle je ne suis pas »

 19   Être , être extrêmement ade.
    Être très , être en grand danger.
SÉV.: « Sa fille a été très »
VOLT.: « J'ai pu vous dire, madame, j'ai été très , je le suis encore, parce que la chose est vraie, et parce que l'expression est très conforme à nos décisions académiques ; ce le signifie évidemment : je suis très encore ; ce le signifie toujours la chose dont on vient de parler »
    Être au plus , être dans un état désespéré.

 20   Être , être dans une mauvaise situation ; se mettre , se mettre dans une mauvaise situation.
MOL.: « Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre , Et d'avancer par là les desseins d'un rival »
MOL.: « Vous voilà , au moins, si j'en crois l'apparence »
MOL.: « Nous sommes , monsieur, dans nos affaires [il s'agit de la possibilité d'une arrestation] »
PASC.: « Ceux qui sont dans leurs affaires »
MAINTENON: « Nous ne sommes pas si que nos ennemis le croient, et que nous le disons souvent nous-mêmes »
VOLT.: « Ce libraire était dans ses affaires ; M. de Voltaire lui prêta dix mille livres »
    Être en, être peu pourvu de.
CORN.: « Un de leurs citoyens, Noble, à ce que l'on dit, mais un peu en biens »
PASC.: « Vous voilà bien en preuves »
    Être en, signifie aussi que ce qu'on a est mauvais. Il est en femme.
FÉN.: « Tous [les amants de Pénélope] s'écrièrent que Télémaque était bien en hôtes : l'un, dirent-ils, est un mendiant, et l'autre nous donne des extravagances pour des prophéties »

 21   Dans le langage familier, être se dit pour exprimer que le visage est laid, que la tournure est laide. Cette jeune fille est . Cette jeune fille n'est pas .
    On le dit aussi des choses. Ce vin n'est pas . Ce thème n'est pas .

 22   Pas , se dit familièrement pour approuver quelque chose. Pas , vraiment.
VOLT.: « Pas , pour un barbare »
    Dans le langage familier, pas signifie aussi en assez bon nombre, en assez grande quantité. Il n'y avait pas de curieux à ce spectacle.
MOL.: « Pour une jeune fille, elle n'en sait pas ; De ces ruses d'amour la croirait-on capable ? »
BARON: « Tu n'es pas impertinent »
BEAUMARCH.: « Après quelques plaintes sur la fausseté des calomnies et l'indécence des outrages répandus dans un mémoire signé, dit-on, Beaumarchais Malbête [Me Malbeste était l'avocat de Beaumarchais], le gazetier de France entreprend de se justifier par un petit manifeste signé Marin, qui n'est pas Malbête »

PROVERBES
    Mal vit qui ne s'amende pas, c'est-à-dire il vient un temps où il faut se résoudre à changer de vie.
    Mal sur n'est pas santé, se dit en parlant de plusieurs afflictions et infortunes qui arrivent coup sur coup.
    Chacun sent son , se dit en se plaignant de quelque affliction secrète dont on ne veut pas dire la cause, et aussi en signifiant qu'on se fait seul idée du qu'on ressent.
    Aux grands maux les grands remèdes.
    Mal d'autrui n'est que songe, c'est-à-dire on est bien moins touché du d'autrui que du sien propre.

REMARQUE
    Avec un participe présent, le participe s'accorde si est devant, et reste invariable si est après. Des personnes pensantes ; des personnes pensant .
MOL.: « Et qu'il est aux enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamais les femmes vivantes »

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Elle n'out eskoltet les s conselliers
     Fragm. de Valenc. p. 469: Ne aiet niuls e voluntatem contra sem peer [contre son pair]
     ib.: De paganis e de s christianis
     ib.: E sis [si les] penteiet [repentait] de cil que fait habebant
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XII: Dès or [il] comence le conseil que prist
     ib. LXXXV: Mal seit del cuer [coeur] qui el piz [poitrine] se couarde
     ib. CCIV: Come en Espaigne tu venis [vins] , seignur !
     ib. XV: Ne bien ne [il] ne respond [à] son nevu
     ib. XXVIII: Mult grant font et cil duc et cil conte
     ib. CXLIV: Il dist après : paien, aies-tu !
     ib. CLVII: Ensemble aurons et le bien et le
     ib. XCI: De nos Franceis [il] va disant si s mots
     ib. CXI: Male chançon n'en deit estre chantée
    XIIème siècle
     Roncisv. 25: Cist maus [ce ] est grois [grief]
     ib. 49: Qu'après nos mors n'en soit dit negun
     ib. 193: Si Deu plaist et je vif, je vous mettrai à
     ib. 161: Quant je fui à [avec] Karlon au vis fier
     ib. 84: Vendus nous a par e traïson
     Saxons, III: Onques en lor jouvente [ils] ne firent se non
     ib. XXI: Pour lor bonté [je] le di, ne nul [je] n'i entent
     Couci, V: S'onques grans biens dut estre desserviz [mérité] Por avoir, bien doi merci atendre
     ib. IX: Je ne doi pas amors grant vouloir, S'à la plus bele dou mont [du monde] mon cuer rent [je rends mon coeur]
     ib. X: J'aim mieux ainsi soufrir et endurer Ces très douz maus....
     ib. XX: Et qui quiert, il doit bien souffrir
     ib. XX: Et quant mi li [à elle] sont bel et plaisant
     Raoul de C. 309: Biax niés [neveu], dist-il, or vait de en pis : Se nel trovons, nos sommes baillis
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Et sachiés que nous ne venismes mie ci pour faire, mais pour vous aidier et desfendre »
QUESNES: « Vostre cler vis [visage], qui sembloit flor de lis, Est si alés ore de en pis.... »
HUES DE LA FERTÉ: « Si qu'ele fait les bons pour maus [méchants] tenir »
LEROUX DE LINCY: « Car li vilains le dist, et s'est vertés [c'est vérité], Que trop vient tost qui doit aporter »
     Psautier, f° 93: Il establi les eves de la mer Rouge aussi comme en un boucel [outre, in utre], si que ne firent au pueple qui passoit
     Merlin, f° 65, recto: De deux maux doit en [on] prandre lou meilleur
     Berte, XV: Et Berte le reçoit, qui n'i a pensé
     ib. XLII: [Elle] Prent pour Dieu plus en gré tous les maus qu'ele endure
     ib. LXXX: Car ele n'ot nouvele qui en ne se mue
     ib. XXVI: Mal semble que je soie de lignage royal
     ib. LXXXII: Dame, ce dit Margiste, de e heure sui née
     Chr. de Rains, p. 189: Et li baron se partirent et ralerent cascuns [chacun] en sa tere à mesaise de cuer [coeur], pour çou qu'il n'avoient mie acompli lor volonté et avoient aquis la e amour la roine
     la Rose, 8871: Mariages est maus [mauvais] liens
     ib. 2614: Et plus en gré sunt receü Li biens dont l'en a
JOINV.: « Quant il pleut le soir et fait tens de nuit »
JOINV.: « Par e avanture, au tourner que je fiz ma teste.... »
JOINV.: « Taillebours, qui siet sus une e riviere que l'en appele Tarente [Charente] »
BEAUMANOIR: « Quant aucuns est trovés mors, et il n'apert sor li nul signal pour lequel le [la] mors li soit venue, on doit mix [mieux] croire qu'il soit mort de d'aventure qu'autrement »
BEAUMANOIR: « Bestes mues n'ont nul entendement, qu'est biens ne qu'est maus [mal] »
    XIVème siècle
ORESME: « Et avecques ce ils voient que les fortunes d'unes meismes personnes sont variables et sont es et après bonnes »
ORESME: « Se aucun fiert sanz ce que il soit courcié [courroucé], il fait plus que celui qui fiert pour ce que il est courcié »
     Chastelain de Couci, V. 2593: Mal de l'heure que l'acointai
    XVème siècle
FROISS.: « Sachez que monseigneur d'Anjou me veut grand pour la garnison de Lourdes que vous tenez »
FROISS.: « Par saint Denis, repondirent les chevaliers, sire, vous dites voir ; et ait qui fuira »
FROISS.: « Les choses iront si que les Turcs et les Tartares conquerront toute Grece et convertiront à leur loi »
FROISS.: « Et moult souvent par trop boire.... ils avoient.... si en leurs testes que ils ne se pouvoient aider tout le jour »
FROISS.: « Je deconfirai Jean Lyon sans coup ferir, et le mettrai si du comte, qu'oncques n'en fut si bien que il en sera »
FROISS.: « Toutefois, tout bien considéré, ne veoient-ils point de à lui demander.... »
JUVÉNAL DES URSINS: « Et quand on dit à Clisson ce qu'il falloit qu'il feist.... ou autrement il seroit en grand danger de sa vie, il luy feit grand de l'accorder »
     Perceforest, t. IV, f° 113: J'ai maintes fois ouy dire : qui le bien laisse et le prent, il fait follie à escient
E. DESCH.: « Se puet chascun net maintenir qui veult, Ne pour nul grief ne doit à tourner : Fay ce que doiz et aviengne que peut »
COMM.: « Le roy, à qui il suffisoit d'avoir joué son personnage.... ne leur fist aucune le responce, mais seullement leur dist.... »
     J. de Saintré, p. 136, dans LACURNE: Qui bien ne ne peut souffrir à grant honneur ne peut venir
    XVIème siècle
H. EST.: « Mal pense, qui ne repense »
AMYOT: « Ores me sont courroucez ennemis, Me regardans de oeil en travers »
AMYOT: « Le territoire estoit si maigre, qu'à e peine pouvoit-il rapporter pour nourrir ceulx qui le labouroient »
AMYOT: « Il luy feit de veoir ceste belle image prisonniere entre les mains des barbares »
AMYOT: « Une autre fois il dit au mesme lieu tous les maulx du monde de luy »
MONT.: « La vie n'est de soy ny bien ny ; c'est la place du bien et du »
MONT.: « J'en feus si , que j'en cuiday remourir »
RAB.: « Ho, dist-il, vous n'estes tant que vous dictes ; non, ou je suys bien trompé à vostre physiognomie »
RAB.: « lia, emort, nous as-tu tollu le plus parfaict des hommes ! »
RAB.: « Le feut plus fort que les remedes »
RAB.: « De choses acquises le tiers hoir ne jouira »
     Nuits de Straparole, t. I, p. 116, dans LACURNE: Non pas par [par méchanceté], mais en se jouant
     Hist. du chev. Bayard, p. 56, dans LACURNE: D'aucuns feust nommé le de Naples, la grosse verolle ; les uns l'ont appellé le françois ; et plusieurs autres noms a eu la dite adie ; mais de moi, je l'appelle le de celui qui l'a
BRANT.: « Il [le duc d'Orléans, fils de François 1er] alloit plus viste que monsieur le Dauphin son frere, il estoit prompt, bouillant, et aimant à faire tousjours quelque petit »
COTGRAVE: « À peine endure qui ne l'a appris »
ID.: « Il est tost deceu qui ne pense »
COTGRAVE: « Tel se plaint qui n'a point de »
COTGRAVE: « Autant pleure batu que bien batu »
COTGRAVE: « Mal fait qui ne parfait »
COTGRAVE: « Mal poise qui ne contrepoise »
COTGRAVE: « Mal soupe qui tout disne »
COTGRAVE: « Qui entend respond »
LEROUX DE LINCY: « Mal se joue qui fiert [frappe] la joue »
LEROUX DE LINCY: « À faire n'y gist qu'amende [réparation] »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, mâ, mau ; bourguig. maul : quique maule foteugne, quelque mauvaise fortune ; mau, un ; picard, mau : Berry, c'est une e affaire ; mau, un ; provenç. , mau ; espagn. ; portug. mão, et adv. ; ital. o, et adv. mate ; du lat. us. Il y a dans le sanscrit a, sale, avare, ina, sale, noir, mauvais ; ces sens conduisent à us ; le sens primitif est noir, sale ; il y faut donc rattacher le terme grec qui signifie noir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    MAL. Ajoutez :

 23   Mal à pied, voy. MAL-À-PIED au Supplément.

HISTORIQUE
    XVIème siècle Ajoutez :
     Relation du capitaine de Gonneville, du 19 juin 1505: Et lors commença en la navire le de mer [scorbut], dont bien les deux tiers de l'equipage fut affligé


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Ce qui est contraire au bien, ce qui est mauvais, nuisible, désavantageux, préjudiciable, etc. "Il n'y a pas de bien sans quelque mélange de . Le et le bien ne sont pas toujours compensés l'un par l'autre. Dieu dispense les biens et les maux. L'esclavage est le plus grand des maux. La vie est un enchaînement de biens et de maux. L'amitié adoucit tous les maux. Mal physique. Mal moral. Les philosophes ne sont pas d'accord sur l'origine du . Il a souffert tous les maux du corps et de l'âme. Rendre le bien pour le . Faire du , souhaiter du , vouloir à quelqu'un. Il m'en veut , il m'en veut de mort. Je ne lui veux ni bien ni . Ce petit événement a causé un grand . Prévenir, arrêter, faire cesser, réparer le . On soulage ses maux en les racontant. Cela ne fait ni bien ni . Dieu vous garde, vous préserve de . Si vous le fréquentez, il vous en arrivera , il vous en prendra , vous en prendra. Quel lui ai-je fait en disant cela? De deux maux il faut éviter le pire. Il a eu plus de peur que de ."
Prov., "Mal d'autrui n'est que songe," On est peu touché du heur des autres.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. "Il faut éviter le et faire le bien. Il est enclin, endurci au . Il ne faut point faire un pour qu'il en arrive un bien. Il vaut mieux prévenir le que d'être réduit à le punir. Faire le bien et le sans discernement. Il y a du , il n'y a pas de , il n'y a pas grand à cela. Quel y a-t-il à cela? La science du bien et du ."
"Induire quelqu'un à ," Le porter à faire.
"Mettre une femme à ," La séduire.
"Penser à ," Avoir quelque intention igne ou mauvaise. "J'ai dit cela sans penser à . Il se retirait sans penser à , quand on est venu l'entraîner dans cette fâcheuse affaire."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Douleur physique, adie. "Je sens bien du . Vous me faites . Avoir à la tête, un grand à la tête, un grand de tête. La tête me fait . Mal aux yeux. Mal d'yeux. Mal aux dents. Mal de dents. Mal aux oreilles. Mal d'oreilles. Mal d'estomac, de ventre, d'entrailles. Mal de jambe. Mal à la jambe. Mal léger, grave, dangereux, invétéré, enraciné, incurable, contagieux, épidémique, endémique, héréditaire. Vieux . Où a-t-il pris ce ? Ce remède guérit bien des maux. Il ne guérira jamais de ce -là. Ce n'est pas un petit . Chacun sent son . Montrez-moi où est votre . Depuis quand ce -là vous tient-il? Ce m'a pris tout à coup, est venu subitement. Ce s'en ira comme il est venu. Le remède est pire que le ."
"Mal vénérien," Mal contracté dans un commerce impur. On dit populairement, dans le même sens, "Avoir, donner, gagner du ."
"Mal d'enfant," Les douleurs d'une femme qui accouche. "Être en d'enfant."
"Mal caduc, haut ," L'épilepsie. "Il tombe du haut ."
"Mal d'aventure," Mal qui vient ordinairement au bout des doigts, avec inflammation et abcès.
"Mal de mer," Indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer.
"Mal de coeur," Envies de vomir, nausées.
Prov., "Aux grands maux les grands remèdes". On le dit au propre et au figuré.
Prov. et fig., "Tomber de fièvre en chaud ," Voir empirer sa position; après un heur, en éprouver un plus grand.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Peine, travail. "Il a eu bien du à l'armée. On a trop de chez ce maître-là. Il a bien du à gagner sa vie. Il se donne bien du pour nourrir sa famille."
Au sens moral, "Avoir du , bien du à faire une chose," La faire avec répugnance, avec chagrin. "Il a eu bien du à vous quitter."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie en outre, Dommage, perte, calamité. "La gelée a tout perdu, il y a encore plus de que l'on ne croit. On disait que les ennemis avaient désolé toute la province, mais le n'est pas si grand qu'on le faisait."
Il signifie également, Inconvénient. "C'est un que vous n'ayez pas écrit plus tôt cette lettre. Cette maison est agréable, le est qu'on y trouve quelquefois mauvaise compagnie".



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie, dans plusieurs locutions, Discours désavantageux tenu sur quelqu'un, ou Interprétation défavorable et fausse donnée à quelque chose. "Dire du de son prochain. Il a dit du , beaucoup de de moi. C'est un homme qui prend tout en . Il a pris en , tourné en , expliqué en les choses obligeantes qu'on lui disait."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi comme adverbe, et alors il signifie, De mauvaise manière, autrement qu'il ne faut, qu'il ne convient, qu'on ne désirerait. "Cette affaire va . Il a fait ses affaires. Il a réussi. Que cela est fait, tourné! J'ai entendu. Il chante, il écrit, il parle . Il est , il se tient à cheval. Il est dans ses affaires. Ses affaires vont de en pis. Mal vu, pensé, dit, interprété. Mal à propos."
"Prendre une chose," S'en offenser. "Il a pris la réponse qu'on lui a faite."
"Prendre un passage," N'en pas saisir le véritable sens. "Le traducteur a pris ce passage de Cicéron."
"Se trouver ," Tomber en faiblesse, en défaillance. Il signifie aussi, Éprouver du aise; comme on dit, dans un sens contraire, "Se trouver bien."
"Se trouver d'une chose," En éprouver du dommage, de l'inconvénient. "Il se trouvera de n'avoir pas suivi mes conseils."
"Être avec quelqu'un," Être brouillé avec lui.
"Être ," Être sérieusement ade. "Être fort ," Être en grand danger de mourir. "Être au plus ," Être dans un état désespéré.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est adjectif dans les locutions: "Bon gré, gré; Bon an, an." Il a servi de même à former les mots "Malheur, Malefaim, etc."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


MALE, adj. Méchant, mauvais. Ils ne se disent pas tout seuls, mais ils entrent dans quelques mots composés. "Malheur", "mal-aise", "mal-encontre"; "male-rage", "male-peste", "male-mort", "à la e heure", etc. = L'"e" de "male" est ordinairement muet, mais dans "malédiction" et "maléfice", il est fermé.
   MAL, s. m. et adv. [Le pluriel du substantif est "maux"; pron. "mô", long.] "Mal", est 1°. En général, ce qui est contraire au bien. 'Il n' y a pas de bien sans quelque mélange de "mal". 'Il n'y a pas de "mal" à cela.
- 2°. Défaut, imperfection. 'Il ne faut pas "dire du de" son prochain.
- 3°. Vice, mauvaise action. 'Il faut éviter "le " et faire le bien. 'Enclin, endurci "au ".
- 4°. Douleur, adie. "Mal" dangereux, contagieux, invétéré, incurable. 'Ce remède guérit bien des "maux". = Quoiqu'on dise, "avoir aux" dents, "aux" reins, "à la" rate, "à l'"estomac; on doit dire: " de" dents, "d'"oreilles, "de" tête, "de" ventre, etc. Dans les premières locutions, c'est "avoir", et non pas "mal", qui régissent la prép. "à". Voy. DOULEUR.
- 5°. Domage, perte, calamité. 'La gelée a tout perdu: il y a encôre plus de "mal" que l'on ne croit. 'Cela ne fait ni bien, ni "mal". = Vouloir "mal", haïr. 'Vous ne lui ferez pas grand "mal", en lui "voulant du ": vous vous en ferez bien plus à vous-même.
- 6°. Inconvénient, heur: 'C'est "un" grand "mal" qu'il soit absent.
- 7°. Incomodité, peine, travail. 'Il a bien du "mal" à gâgner sa vie. "Acad." st. famil.
   Le "Proverbe" dit: "de deux maux, il faut éviter le pire". = "Mal sur n'est pas santé": on est bien à plaindre, quand plusieurs aflictions arrivent à la fois. = "Tomber de fièvre en chaud ", d'un petit accident en un plus grand.
   "Tourner" une chôse "en ", ou "l' expliquer en ", lui doner un mauvais sens.
- La prendre "en ", ou "fort ", s'en ofenser. 'Il "prend" tout "en ", il "a pris" cela "fort ".
   "Mettre" une femme "; la séduire. = "Faire beaucoup de ", (n°. 5°.) se dit toujours au singulier. Madame "Dacier" emploie le pluriel. 'C'étoit quelque bête, qui étant devenûe enragée "avoit fait beaucoup de maux". Iliade. Dites, "beaucoup de ".
   MAL, adv. Aûtrement qu'il ne se doit. 'Cette afaire va "mal". 'Il a "mal" réussi. 'Il chante ;, j'ai "mal" entendu, etc. = Il se place après le verbe dans les temps simples; mais il vaut mieux le placer devant l' infinitif et le participe, dans les tems composés. 'Il en ûse "mal"; il en a "mal" usé; je ne croyais pas "mal" faire, etc. = Quelquefois pourtant le goût de la construction et l'harmonie du discours permettent et exigent même qu'il marche après l'infinitif. 'Un élève, qui a du génie, aprend à bien faire, en voyant son maître "faire ". DU BOS. = Quelques-fois aussi, il done à l'expression des sens diférens, suivant qu'il est devant ou aprês, comme par exemple, "se trouver", et, "se trouver ". Le 1er ne se dit qu'au figuré, et seulement à l'infinitif et dans les tems composés: il signifie, "tirer un mauvais fruit" d' une démarche, et ce qu'on apelle, en style proverbial, "en être mauvais marchand". 'Il pourrait "s'en trouver": 'Il "s' est trouvé de n'avoir" pas suivi vos conseils.
- Le 2d se dit dans le propre. Il n'a point de régime, et signifie, "ressentir une incomodité", tomber en faiblesse. ' Je "me troûve " aujourd'hui. Il "se troûve " toutes les fois qu' on le saigne.
   "Mettre avec", brouiller. 'Je "vous mettrai avec" les Poètes. "Scar."
- "Être avec" quelqu'un; être brouillé avec lui.
- "Être dans" ses afaires; comencer à devenir paûvre. = * Un Auteur moderne a dit, "tomber ", pour dire, "tomber ade", ou "se trouver ". Voy. MALADE. "Rem." 2°.




Emplacement dans le dictionnaire :

majordomat
majordome
majordôme
majorer
majoritaire
majoritairement
majorité
majuscule
maki

mal vivant
mal-adresse
mal-aise
mal-aisé
mal-appris
mal-avisé
mal-bâti
mal-bouché
mal-content
mal-en-point
mal-entendu




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...traître à ses alliés, à son peuple funeste, mérite qu'on le blâme ! ... et que je le déteste ! Le Choeur ah ! Jamais le courroux de la divinité et les astres contraires nous sauront-ils tramer un mal plus redouté que la haine entre frères ? Agamemnon je t'accuse à mon tour, mais je te parlerai sans trop enfler la voix, sans lever les paupières insolemment. Ecoute, et je me souviendrai et quel...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...vraiment, voyant ce que ton coeur communique à tes yeux, contre moi, de fureur ! En quoi t'ai-je offensé ? Depuis quand ? Ton Hélène abandonna ta couche, oubliant la pudeur. Tu la gardais bien mal. Dois-je en porter la peine ? ... si l'intérêt des Grecs et ton propre intérêt et même, j'y consens, peut-être le regret de voir s'évanouir ma puissance naissante, assaillirent mon âme et...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...vient d'enfermer, ceux qui se sont faits cendre, il n'est point d'étincelle qui dissipe jamais leur nuit perpétuelle. J'avais la rage au coeur et j'étais insensé, mais je vois à présent que j'avais mal pensé. Ah ! Celle dont l'oracle a demandé la vie, n'est-ce pas ton enfant, ta belle Iphigénie ? Oui, c'est le sang d'un frère, et sous le fer cruel du même coup le mien arroserait l'autel. Sèche, sè...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...que ses larmes m'ont fait connaître enfin des sentiments meilleurs. A l'homme, tôt ou tard, qui n'est point sans remède dans le vice endurci, la raison vient en aide. Le Choeur le bien succède au mal ; certes, il a raison, qui se montre ainsi sage. Ô noble repentir, ô généreux langage, digne de ta maison ! Agamemnon un amour effréné, l'appât de la richesse, souvent entre parents corrompent la...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...c'est pour suivre un époux que notre fille va se séparer de nous. Mais quitter ses enfants, il en coûte quand même ! Clytemnestre puisqu'aussi bien que toi je quitte ce que j'aime, me juges-tu si mal ? Crois-tu qu'en ce moment je reproche à ton coeur son attendrissement ? Non, je l'ai partagé ; mais que pouvons-nous faire ? C'est la commune loi, l'usage nécessaire ; le temps adoucira sans doute...


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