Mal (nom masculin, adverbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
I.
(pl. Maux ). X e siècle. Emploi substantivé de l'adjectif mal,
I. Au sing. Ce qui s'oppose au bien, ce qui est dommageable, nuisible, condamnable.
1. Principe de limitation, d'altération, de corruption inhérent à la nature des êtres. Nier l'existence du
2. Ce qui est contraire à ce que prescrit la loi divine, naturelle, morale. Rendre le bien pour le
II. Trouble, tort, dommage.
1. Ce qui est source de souffrance, de
2. Douleur physique . Avoir un fort
Mal de brout, voir .
3. Souffrance affective ou morale, chagrin, tourment. Les maux de la solitude, de l'exil. Mal de langueur,
4. Par affaibl. Peine, difficulté. J'ai eu le plus grand
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
(Pluriel : MAUX.) Ce qui est contraire au bien, ce qui est mauvais, nuisible, désavantageux, préjudiciable, etc. "Le
Prov., "Mal d'autrui n'est que songe." Voyez
MAL signifie aussi Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. "Il est enclin au
"Mettre une femme à
"Penser à
MAL signifie encore Douleur physique,
"Mal d'enfant," Les douleurs d'une femme qui accouche. "Être en
"Mal caduc, haut
"Mal de mer." Voyez
"Mal de coeur." Voyez
"Mal de montagne." Voyez
"Mal du pays." Voyez
Prov., "Aux grands maux les grands remèdes." On le dit au propre et au figuré.
MAL signifie aussi Peine, travail, difficulté. "On a trop de
Fig., "Avoir du
MAL signifie en outre Dommage, perte. "La gelée a tout perdu, il y a encore plus de
MAL signifie, dans plusieurs locutions, Propos désavantageux tenu sur quelqu'un, ou Interprétation défavorable et fausse donnée à quelque chose. "Dire du
MAL s'employait autrefois aussi comme adjectif. "La
Il est employé encore ainsi dans "Bon gré
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Adverbe |
De mauvaise manière, autrement qu'il ne faut, qu'il ne convient, qu'on ne désirerait. "Cette affaire va
"Prendre
"Se trouver
"Se trouver
"Se mettre
"Se mettre
"Être
"Pas
Il est aussi employé comme adjectif invariable dans les expressions suivantes : "Être mal," Être sérieusement
Dans le langage familier, "Être
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Adj. Qui nuit, qui blesse. Mal est adjectif masculin dans les locutions : bon gré,
Il est aussi adjectif dans cette tournure : Il est
BALZ.: « Il me semble qu'il ne serait pas
GRESS.: « .... Mais le peu que j'y vois Me paraît
Il est féminin dans les locutions suivantes (féminin que ne donne pas le Dictionnaire de l'Académie) : la
GUI PATIN: « La force de la
Autrefois
2 S. m. Le
MALHERBE: « Ou que leur avint-il en ce vite départ [mort prématurée], Que laisser promptement une basse demeure Qui n'a rien que du
CORN.: « Parlez plus sainement de vos maux et des miens ; Chacun voit ceux d'autrui d'un autre oeil que les siens »
CORN.: « Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes »
CORN.: « À raconter ses maux souvent on les soulage »
CORN.: « Et de deux maux qu'on craint également Celui qui nous arrive est toujours le plus grand »
SACI: « Ne perdez pas le souvenir du
LA FONT.: « ....Quand le
PASC.: « Sera-ce les philosophes qui nous proposent pour tout bien les biens qui sont en nous ? est-ce-là le vrai bien ? ont-ils trouvé le remède à nos maux ? »
PASC.: « Qu'il y a un Dieu, qu'on est obligé de l'aimer, que notre vraie félicité est d'être en lui, et notre unique
PASC.: « N'appelons
PASC.: « Le
PASC.: « Nous n'avons ni vrai ni bien qu'en partie, et mêlé de
PASC.: « Le plus grand des maux est les guerres civiles ; elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites ; car tous diront qu'ils méritent ; le
SÉV.: « Nous trouvions l'autre jour qu'il n'y avait de véritable
TH. CORN.: « Le plus grand de mes maux est de ne t'aimer plus »
BOSSUET: « Ni les maux qui l'ont surprise, ni ceux qu'elle a prévus n'ont abattu son courage »
BOSSUET: « La pauvreté n'était pas un
BOSSUET: « Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous en aurez à corriger ; il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous serez au milieu des biens où il est dangereux de se plaire trop »
BOSSUET: « Reconnaissez ici le monde ; reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biens »
BOILEAU: « Souvent la peur d'un
RAC.: « Quel est donc ce grand
RAC.: « Je souffre tous les maux que j'ai faits devant Troie »
VOLT.: « Tout
VOLT.: « Il ne faut croire le
VOLT.: « Je suis bien loin de vous dire, comme certains raisonneurs, que les maux particuliers forment le bien général ; cette extravagance est trop ridicule »
VOLT.: « Il rassemble sur lui tous les maux des enfers »
J. J. ROUSS.: « En politique, comme en morale, c'est un grand
BEAUMARCH.: « Quand on cède à la peur du
M. J. CHÉN.: « Sire, un
Un
MOL.: « Un
Les maux d'imagination, les maux qui ne sont pas réels.
MARMONTEL: « C'est une idée assez heureuse pour exprimer la crainte des maux d'imagination que l'allégorie d'un enfant qui souffle en l'air des boules de savon, et qui, s'effrayant de leur chute, inspire la même frayeur à une foule d'autres enfants, sur qui ces boules vont retomber »
Faire du
PASC.: « Tant de gens qui ne vous ont point fait de
SÉV.: « Nous avons été si vilainement trompés par la Jarie.... si vous pouvez épargner Pasgerant, j'en serai bien aise ; mais, pour la Jarie, je vous prie de lui faire non-seulement toute la peur, mais encore le
FÉN.: « Ce mensonge ne fait aucun
VOLT.: « Je gagne déjà quelque chose à dire du
VOLT.: « L'occasion de faire du
P. L. COUR.: « Ils [les gens de la cour, dans un château royal, à la campagne] chassent à travers nos blés avec leurs chiens et leurs chevaux, ouvrent nos haies, gâtent nos fossés, nous font mille maux, mille sottises »
V. HUGO: « Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal ; Hélas ! sans le vouloir je te ferais du
Vouloir du
CORN.: « Aussi bien que Pompée, il vous voudra du
MOL.: « Que je veux de
TH. CORN.: « Mais aujourd'hui, Cliton, elle attend ma visite, Et me voudra du
D'ALLAINVAL: « À la fin je me suis voulu un
On dit dans le même sens : vouloir
MALH.: « [Ô mort] Ceux qui te veulent
ROTROU: « Mon coeur, es-tu si tendre Que de donner des pleurs à l'époux de Cassandre, Et vouloir
MOL.: « Je me veux
MOL.: « Je suis sotte, et veux
MOL.: « Vous voulez un grand
HAMILT.: « Ils voulurent
Il vous en prendra
3 Absolument. Le
VOLT.: « Il n'y a point de
J. J. ROUSS.: « Wolmar se contentait de l'aveu que, peu ou beaucoup, enfin le
LAMART.: « Le
Terme de philosophie. Mal métaphysique, imperfection de nature qui tient à l'essence des choses.
Mal physique, les souffrances, les
Mal moral, crime et péché. e qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. La science du bien et du
LA ROCHEF.: « Il y a des gens de qui l'on ne peut jamais croire du
SACI: « Il n'a point vu le soleil et n'a point connu la différence du bien et du
MOL.: « Et le
PASC.: « On ne doit pas faire le moindre
PASC.: « On se corrige quelquefois mieux par la vue du
BOSSUET: « Dieu conserve au juste un plus grand don ; il retire le pécheur d'un plus grand
BOSSUET: « Il [saint Augustin] nous apprend qu'il y a en nous deux sortes de maux : il y a en nous des maux qui nous plaisent, et il y a des maux qui nous affligent »
FÉN.: « Quand les hommes veulent quitter le
LE SAGE: « Laure avait eu autant de peine à porter sa fille au
LE SAGE: « Que personne ne songe à tromper les autres, c'est s'abuser soi-même ; qui
J. J. ROUSS.: « La honte, compagne du
J. J. ROUSS.: « Tout ce qui est
MALFILÂTRE: « Serait-ce un
Induire quelqu'un à
Mettre une femme à
SCARR.: « Le luxurieux ani
MOL.: « Femmes mises à
HAMILT.: « Je ne pense pas que vous espériez la mettre à
Mettre à
P. L. COUR.: « C'est l'imprimerie qui met le monde à
Penser, songer à
VOLT.: « Si un pauvre philosophe qui ne pense point à
VOLT.: « Toutes ces bonnes gens sont trop occupés pour songer à
Il n'y a pas de
PASC.: « Quel
Il n'y a pas de
SÉV.: « Messieurs, vous vous trompez, si vous croyez qu'il y ait du
Familièrement. Faire du
Mme DE CAYLUS: « Un jour la duchesse d'Uzès, étonnée de ses scrupules [de Mme de Montespan], ne put s'empêcher de lui en dire un mot : Eh ! pourquoi, madame reprit Mme de Montespan, faut-il, parce que je fais un
BEAUMARCH.: « La comtesse : Si quelqu'un entrait ? - Suzanne : Est-ce que nous faisons du
5 Douleur physique,
VOIT.: « J'ai une extrême tristesse de voir que mon âme soit divisée en deux corps si faibles que le vôtre et le mien, et qu'il faille que je sois toujours
MOL.: « Mes yeux ont-ils du
PASC.: « Considérez les maux que je souffre et qui me menacent ; voyez d'un oeil de miséricorde les plaies que votre main m'a faites, Ô mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort »
PASC.: « Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l'âme »
PASC.: « Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait faire si on était
SÉV.: « La pauvre la Mousse a eu
SÉV.: « Il a un peu
SÉV.: « Elle [ma fille] me mande qu'elle est mieux, qu'elle n'a point de
BOSSUET: « Toujours assis, comme son
BOSSUET: « Et celle [la
FLÉCH.: « Lorsqu'un
BOILEAU: « Ces douces ménades Qui, dans leurs vains chagrins, sans
BOILEAU: « Courtois et Denyau [deux médecins], mandés à son secours.... sauront bien.... Lui donner sagement le
RAC.: « Vous périssez d'un
STAËL: « Philoctète est peut-être le seul sujet tragique dans lequel les maux physiques puissent être admis »
BÉRANG.: « Un
Particulièrement, les maux, petites souffrances continuelles, par opposition à
MAINTENON: « Ne soyez point en peine de ma santé, elle est délicate : un rien la dérange : souvent des maux, jamais de
Maux de nerfs, souffrances indéterminées, synonyme de vapeurs, hypocondrie, etc.
Mal de tête, douleur qu'on éprouve à la tête, céphalalgie.
MOL.: « Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, Avec un
MARMONTEL: « Elle feignit un
Mal du pays,
BÉRANG.: « Ces bals charmants où les femmes sont reines, J'y meurs, hélas ! j'ai le
P. L. COUR.: « Mon ami, tu es triste, tu te promènes seul tu fuis tes camarades, tu as le
Chaud
Fig. Tomber de fièvre en chaud
SCARR.: « C'est tomber de fièvre en chaud
Allez, Dieu vous garde de
Faire
MOL.: « Mon coeur.... N'entend pas que mes yeux fassent
SÉV.: « La bise de Grignan [qui règne à Grignan, en Provence].... me fait
Faire
Se faire
SÉV.: « Sous prétexte que je me fais
6 Familièrement, un
MAINTENON: « Je ne puis continuer ma lettre : on parle d'ouvrir le
7 Mal joint à une autre qualification sert à dénommer diverses
Mai des ardents,
Mal d'aventure, nom donné à de petits abcès qui surviennent près d'un des ongles de la main.
On donne aussi aux panaris le nom de
Mal caduc, mai Saint-Jean,
Mal chimique, nom donné par les ouvriers à la nécrose de la mâchoire inférieure causée par le travail prolongé dans les fabriques d'allumettes phosphorées ou allumettes chimiques.
Mal de coeur, envie de vomir, nausées.
SÉV.: « À moitié chemin j'eus un grand
Mal de coeur, maux de coeur, symptôme de grossesse.
Fig. Mal de coeur, dégoût de quelque chose ou de quelqu'un.
SÉV.: « Parlons un peu de votre frère, ma fille, il est d'une faiblesse à faire
SÉV.: « Il me vient tout conter, en disant qu'il se fait
Mal d'enfant, les douleurs d'une femme qui accouche.
LA FONT.: « Une montagne en
Mal de Fiume ou scherlievo, voy. ce mot.
Mal français, voy.
Mal de gorge des prédicateurs, angine glanduleuse ou granuleuse.
Mal de mâchoire, nom vulgaire donné au trismus.
Mal de mer, indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer, et qui est caractérisée par des désordres d'estomac.
Mal de mère, l'hystérie.
Mal de misère, nom donné par quelques médecins à la pellagre.
Mal de montagne, l'ensemble des phénomènes qui se manifestent lors de l'ascension sur les hautes montagnes.
Mal de mort, nom d'une espèce de lèpre, dans laquelle les parties affectées prenaient une couleur livide et semblaient dans un état complet de mortification.
Mal de Naples, nom que les Français donnent à la syphilis, parce que des soldats l'apportèrent, dit-on, autrefois du siége de Naples, vers la fin du XVe siècle ; les Italiens, au contraire, qualifient cette
P. L. COUR.: « Tu pourras lui dire, que sans ma
Mal de rose ou
Mal rouge de Cayenne, espèce d'éléphantiasis.
Mal Saint-Antoine, sorte d'érésipèle.
Mal Saint-Jean, la chorée. Mal Saint-Lazare, l'éléphantiasis.
Mal Saint-Main, nom donné tantôt à la gale, tantôt à la lèpre.
Mal de Saint-Roch,
Mal de Siam, nom donné à la fièvre jaune, parce qu'on a cru que, dans le XVIIe siècle, elle avait été apportée de Siam dans les îles de l'Amérique ; ce qui est une erreur.
Mal vénérien, la syphilis.
Populairement. Avoir du
SÉV.: « Il s'emporta, et dit... que, si sa femme avait du
Mal vertébral de Pott, carie d'une ou de plusieurs vertèbres, ainsi appelée parce que Pott, chirurgien anglais, en a donné une excellente description.
8 Mal est employé dans le langage des vétérinaires pour désigner diverses affections des animaux.
Mal d'âne, crevasses qu'on remarque souvent autour de la couronne du sabot des bêtes chevalines, de l'âne surtout, lorsque ces animaux sont atteints d'eaux aux jambes.
Mal de bois ou
Mal de cerf,
Mal d'encolure, nom générique des blessures de la partie supérieure de l'encolure produites par des contusions ou des frottements répétés.
Mal de feu ou
Mal de foie, nom vulgaire qui a été donné à la pourriture du mouton ou cachexie aqueuse.
Mal de garrot, meurtrissure ou blessure faite au garrot du cheval.
Mal de pied, nom vulgaire donné au piétin.
Mal de rognon, contusion sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des vertèbres lombaires, chez les bêtes chevalines.
Mal de taupe, tumeur qui survient à la région de la nuque chez le cheval, et même chez le boeuf, où elle porte le nom d'écrouellet.
Mal de tête de contagion, nom donné tantôt à l'anasarque, tantôt à la morve gangréneuse chez le cheval.
9 Terme de magnanerie. Mal de vers ou
Terme de fauconnerie. Mal subtil, espèce de phthisie qui attaque les oiseaux de proie.
10 Peine, travail. Il a eu bien du
SACI: « Le lendemain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit son
Se donner du
BÉRANG.: « Que de
Fig. Avoir du
11 Dommage, perte, calamité. La gelée a fait beaucoup de
CORN.: « Quel
BÉRANG.: « Sur les coussins où la douleur l'enchaîne, Quel
12 Inconvénient.
BALZ.: « Il n'y a point de
RACAN: « Je ne saurais choisir un plus parfait berger ; Tout le
LA FONT.: « Le
BOILEAU: « Le
MONTESQ.: « Le
DIDER.: « Quel
GENLIS: « Quand on le découvrirait, le grand
Il n'y a que demi-mal, le
13 Paroles désavantageuses tenues sur quelqu'un ou quelque chose ; et aussi interprétation défavorable donnée à quelque chose. C'est un homme qui prend tout en
CORN.: « Qu'on parle bien ou
ID.: « Ce poëme a tant d'illustres suffrages qui lui donnent le premier rang parmi les miens, que je me ferais trop d'importants ennemis si j'en disais du
MOL.: « Parbleu ! tous les autres comédiens qui étaient là pour la voir [une pièce], en ont dit tous les maux du monde »
SÉV.: « Avec ces premiers [les confesseurs] on est comme Mlle d'Aumale, on aime mieux dire du
BOILEAU: « Le
VOLT.: « On m'a dit aujourd'hui du
VOLT.: « Je serais fort étonné si le roi son père [de Frédéric II] revenait de sa
GRESSET: « Dites, pour l'achever, du
MARMONTEL: « La louange la plus flatteuse pour une jolie femme, c'est le
On lit dans la Bruyère, VIII : Pensant
14 Mal, adv. Autrement qu'il ne faut.
CORN.: « Quel espoir
LA FONT.: « Est-on sot, étourdi, prend-on
LA FONT.: « Bien qu'au moins
PASC.: « Pour modérer leur folie au moins
BOILEAU: « Un as
CHAULIEU: « Paix ! crois-moi, ne parle guère ; J'en sais qui, sans dire mot, N'ont pas
REGNARD: « Un amant en grand deuil a toujours son mérite ; Et, quand, comme Carlin, on serait
J. B. ROUSS.: « Mais qui sait
MONTESQ.: « Vous ne pouvez plus être occupé à bien dire, quand vous êtes effrayé par la crainte de dire
VOLT.: « Pour bien assurer qu'une chose est
VOLT.: « Mais tremblez en formant ces noeuds
J. J. ROUSS.: « Comment me prouverez-vous que ces mauvais penchants dont vous prétendez le guérir [l'enfant], ne lui viennent pas de vos soins
Mal, dans un sens négatif.
CORN.: « Toutefois j'aurais tort de jeter dans les coeurs, L'avis étant
CORN.: « Et nous aurions le ciel à nos voeux
CORN.: « Et la vertu timide est
MOL.: « Il semble qu'ils sortent d'ici
RAC.: « Qu'ils viennent essayer leur main
Mal fait, dont le corps est
BALZ.: « Une personne aussi
Substantivement.
MOL.: « Peux-tu me conseiller de commettre un forfait, D'abandonner Lélie et prendre ce
On écrit quelquefois en un seul mot :
Faire
C'est
P. L. COUR.: « Chardon de la Rochette.... se présente à l'Académie, qui toute d'une voix le refuse ; non, c'est
Cote
Terme de blason. Mal taillé, se dit des pièces grossièrement dessinées.
Terme de chasse. Un ani
Mal à l'aise, incommodé tant au physique qu'au moral. Mal à l'aise en présence d'une personne qu'il avait offensée.
V. HUGO: « Pris dans un corps
15 Se mettre
16 Prendre
Prendre
Parler
GRESSET: « [Il] Parle bien de lui-même et
17 Se trouver
Se trouver
Mal en point, voy. POINT.
18 Être
MAINTENON: « Je vous assure que ceux qui disent et qui écrivent que vous êtes
MAINTENON: « C'est mon avis ; si vous ne le suivez pas, nous n'en serons pas plus
MARIVAUX: « Il est vrai que j'étais née douce, et qu'avec le caractère que j'avais, rien ne m'aurait plus inquiétée que de me sentir
VOLT.: « L'opinion publique, la créance de tous les ligueurs était qu'il fallait tuer son roi, s'il était
Mettre quelqu'un
FÉN.: « Il était impossible de le mettre
Se mettre
VOLT.: « Ce sont apparemment mes ennemis, madame, qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis
Fig.
HAMILT.: « Trop
N'être pas
MONTESQ.: « Je suis venu à la campagne, me dit-il, pour faire plaisir à la maîtresse de la maison, avec laquelle je ne suis pas
19 Être
Être très
SÉV.: « Sa fille a été très
VOLT.: « J'ai pu vous dire, madame, j'ai été très
Être au plus
20 Être
MOL.: « Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre
MOL.: « Vous voilà
MOL.: « Nous sommes
PASC.: « Ceux qui sont
MAINTENON: « Nous ne sommes pas si
VOLT.: « Ce libraire était
Être
CORN.: « Un de leurs citoyens, Noble, à ce que l'on dit, mais un peu
PASC.: « Vous voilà bien
Être
FÉN.: « Tous [les amants de Pénélope] s'écrièrent que Télémaque était bien
21 Dans le langage familier, être
On le dit aussi des choses. Ce vin n'est pas
22 Pas
VOLT.: « Pas
Dans le langage familier, pas
MOL.: « Pour une jeune fille, elle n'en sait pas
BARON: « Tu n'es pas
BEAUMARCH.: « Après quelques plaintes sur la fausseté des calomnies et l'indécence des outrages répandus dans un mémoire signé, dit-on, Beaumarchais Malbête [Me Malbeste était l'avocat de Beaumarchais], le gazetier de France entreprend de se justifier par un petit manifeste signé Marin, qui n'est pas Malbête »
PROVERBES
REMARQUE
Avec un participe présent, le participe s'accorde si
MOL.: « Et qu'il est aux enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamais les femmes
HISTORIQUE
Xème siècle
Eulalie: Elle n'out eskoltet les
Fragm. de Valenc. p. 469: Ne aiet niuls
ib.: De paganis e de
ib.: E sis [si les] penteiet [repentait] de cil
XIème siècle
Ch. de Rol. XII: Dès or [il] comence le conseil que
ib. LXXXV: Mal seit del cuer [coeur] qui el piz [poitrine] se couarde
ib. CCIV: Come en Espaigne tu venis [vins]
ib. XV: Ne bien ne
ib. XXVIII: Mult grant
ib. CXLIV: Il dist après : paien,
ib. CLVII: Ensemble aurons et le bien et le
ib. XCI: De nos Franceis [il] va disant si
ib. CXI: Male chançon n'en deit estre chantée
XIIème siècle
Roncisv. 25: Cist maus [ce
ib. 49: Qu'après nos mors n'en soit dit negun
ib. 193: Si Deu plaist et je vif, je vous mettrai à
ib. 161: Quant je fui
ib. 84: Vendus nous a par
Saxons, III: Onques en lor jouvente [ils] ne firent se
ib. XXI: Pour lor bonté [je] le di, ne nul
Couci, V: S'onques grans biens dut estre desserviz [mérité] Por
ib. IX: Je ne doi pas amors grant
ib. X: J'aim mieux ainsi soufrir et endurer Ces très douz maus....
ib. XX: Et qui
ib. XX: Et quant mi
Raoul de C. 309: Biax niés [neveu], dist-il, or vait de
XIIIème siècle
VILLEH.: « Et sachiés que nous ne venismes mie ci pour
QUESNES: « Vostre cler vis [visage], qui sembloit flor de lis, Est si alés ore de
HUES DE LA FERTÉ: « Si qu'ele fait les bons pour maus [méchants] tenir »
LEROUX DE LINCY: « Car li vilains le dist, et s'est vertés [c'est vérité], Que trop vient tost qui
Psautier, f° 93: Il establi les eves de la mer Rouge aussi comme en un boucel [outre, in utre], si que
Merlin, f° 65, recto: De deux maux doit en [on] prandre lou meilleur
Berte, XV: Et Berte le reçoit, qui
ib. XLII: [Elle] Prent pour Dieu plus en gré tous les maus qu'ele endure
ib. LXXX: Car ele n'ot nouvele qui en
ib. XXVI: Mal semble que je soie de lignage royal
ib. LXXXII: Dame, ce dit Margiste, de
Chr. de Rains, p. 189: Et li baron se partirent et ralerent cascuns [chacun] en sa tere à mesaise de cuer [coeur], pour çou qu'il n'avoient mie acompli lor volonté et avoient aquis la
la Rose, 8871: Mariages est maus [mauvais] liens
ib. 2614: Et plus en gré sunt receü Li biens dont l'en a
JOINV.: « Quant il pleut le soir et fait
JOINV.: « Par
JOINV.: « Taillebours, qui siet sus une
BEAUMANOIR: « Quant aucuns est trovés mors, et il n'apert sor li nul signal pour lequel le [la] mors li soit venue, on doit mix [mieux] croire qu'il soit mort de
BEAUMANOIR: « Bestes mues n'ont nul entendement, qu'est biens ne qu'est maus [mal] »
XIVème siècle
ORESME: « Et avecques ce ils voient que les fortunes d'unes meismes personnes sont variables et sont
ORESME: « Se aucun fiert sanz ce que il soit courcié [courroucé], il fait plus
Chastelain de Couci, V. 2593: Mal de l'heure que l'acointai
XVème siècle
FROISS.: « Sachez que monseigneur d'Anjou me veut grand
FROISS.: « Par saint Denis, repondirent les chevaliers, sire, vous dites voir ; et
FROISS.: « Les choses iront si
FROISS.: « Et moult souvent par trop boire.... ils avoient.... si
FROISS.: « Je deconfirai Jean Lyon sans coup ferir, et le mettrai si
FROISS.: « Toutefois, tout bien considéré, ne veoient-ils point de
JUVÉNAL DES URSINS: « Et quand on dit à Clisson ce qu'il falloit qu'il feist.... ou autrement il seroit en grand danger de sa vie, il luy feit grand
Perceforest, t. IV, f° 113: J'ai maintes fois ouy dire : qui le bien laisse et le
E. DESCH.: « Se puet chascun net maintenir qui veult, Ne pour nul grief ne doit à
COMM.: « Le roy, à qui il suffisoit d'avoir joué son personnage.... ne leur fist aucune
J. de Saintré, p. 136, dans LACURNE: Qui bien ne
XVIème siècle
H. EST.: « Mal pense, qui ne repense »
AMYOT: « Ores me sont courroucez ennemis, Me regardans de
AMYOT: « Le territoire estoit si maigre, qu'à
AMYOT: « Il luy feit
AMYOT: « Une autre fois il dit au mesme lieu tous les maulx du monde de luy »
MONT.: « La vie n'est de soy ny bien ny
MONT.: « J'en feus si
RAB.: « Ho, dist-il, vous n'estes tant
RAB.: « lia,
RAB.: « Le
RAB.: « De choses
Nuits de Straparole, t. I, p. 116, dans LACURNE: Non pas par
Hist. du chev. Bayard, p. 56, dans LACURNE: D'aucuns feust nommé le
BRANT.: « Il [le duc d'Orléans, fils de François 1er] alloit plus viste que monsieur le Dauphin son frere, il estoit prompt, bouillant, et aimant à faire tousjours quelque petit
COTGRAVE: « À peine endure
ID.: « Il est tost deceu qui
COTGRAVE: « Tel se plaint qui n'a point de
COTGRAVE: « Autant pleure
COTGRAVE: « Mal fait qui ne parfait »
COTGRAVE: « Mal poise qui ne contrepoise »
COTGRAVE: « Mal soupe qui tout disne »
COTGRAVE: « Qui
LEROUX DE LINCY: « Mal se joue qui fiert [frappe] la joue »
LEROUX DE LINCY: « À
ÉTYMOLOGIE
Wallon, mâ, mau ; bourguig. maul : quique maule foteugne, quelque mauvaise fortune ; mau, un
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
MAL. Ajoutez :
23 Mal à pied, voy. MAL-À-PIED au Supplément.
HISTORIQUE
XVIème siècle Ajoutez :
Relation du capitaine de Gonneville, du 19 juin 1505: Et lors commença en la navire le
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Ce qui est contraire au bien, ce qui est mauvais, nuisible, désavantageux, préjudiciable, etc. "Il n'y a pas de bien sans quelque mélange de
Prov., "Mal d'autrui n'est que songe," On est peu touché du
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. "Il faut éviter le
"Induire quelqu'un à
"Mettre une femme à
"Penser à
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Douleur physique,
"Mal vénérien," Mal contracté dans un commerce impur. On dit populairement, dans le même sens, "Avoir, donner, gagner du
"Mal d'enfant," Les douleurs d'une femme qui accouche. "Être en
"Mal caduc, haut
"Mal d'aventure," Mal qui vient ordinairement au bout des doigts, avec inflammation et abcès.
"Mal de mer," Indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer.
"Mal de coeur," Envies de vomir, nausées.
Prov., "Aux grands maux les grands remèdes". On le dit au propre et au figuré.
Prov. et fig., "Tomber de fièvre en chaud
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Peine, travail. "Il a eu bien du
Au sens moral, "Avoir du
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre, Dommage, perte, calamité. "La gelée a tout perdu, il y a encore plus de
Il signifie également, Inconvénient. "C'est un
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie, dans plusieurs locutions, Discours désavantageux tenu sur quelqu'un, ou Interprétation défavorable et fausse donnée à quelque chose. "Dire du
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi comme adverbe, et alors il signifie, De mauvaise manière, autrement qu'il ne faut, qu'il ne convient, qu'on ne désirerait. "Cette affaire va
"Prendre
"Prendre
"Se trouver
"Se trouver
"Être
"Être
8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est adjectif dans les locutions: "Bon gré,
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
MALE, adj. Méchant, mauvais. Ils ne se disent pas tout seuls, mais ils entrent dans quelques mots composés. "Malheur", "mal-aise", "mal-encontre"; "male-rage", "male-peste", "male-mort", "à la
MAL, s. m. et adv. [Le pluriel du substantif est "maux"; pron. "mô", long.] "Mal", est 1°. En général, ce qui est contraire au bien. 'Il n' y a pas de bien sans quelque mélange de "mal". 'Il n'y a pas de "mal" à cela.
- 2°. Défaut, imperfection. 'Il ne faut pas "dire du
- 3°. Vice, mauvaise action. 'Il faut éviter "le
- 4°. Douleur,
- 5°. Domage, perte, calamité. 'La gelée a tout perdu: il y a encôre plus de "mal" que l'on ne croit. 'Cela ne fait ni bien, ni "mal". = Vouloir "mal", haïr. 'Vous ne lui ferez pas grand "mal", en lui "voulant du
- 6°. Inconvénient,
- 7°. Incomodité, peine, travail. 'Il a bien du "mal" à gâgner sa vie. "Acad." st. famil.
Le "Proverbe" dit: "de deux maux, il faut éviter le pire". = "Mal sur
"Tourner" une chôse "en
- La prendre "en
"Mettre" une femme "à
MAL, adv. Aûtrement qu'il ne se doit. 'Cette afaire va "mal". 'Il a "mal" réussi. 'Il chante
- Le 2d se dit dans le propre. Il n'a point de régime, et signifie, "ressentir une incomodité", tomber en faiblesse. ' Je "me troûve
"Mettre
- "Être
- "Être
Emplacement dans le dictionnaire :
| majordomat majordome majordôme majorer majoritaire majoritairement majorité | majuscule maki mal vivant mal-adresse mal-aise mal-aisé | mal-appris mal-avisé mal-bâti mal-bouché mal-content mal-en-point mal-entendu |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)...traître à ses alliés, à son peuple funeste, mérite qu'on le blâme ! ... et que je le déteste ! Le Choeur ah ! Jamais le courroux de la divinité et les astres contraires nous sauront-ils tramer un mal plus redouté que la haine entre frères ? Agamemnon je t'accuse à mon tour, mais je te parlerai sans trop enfler la voix, sans lever les paupières insolemment. Ecoute, et je me souviendrai et quel...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...vraiment, voyant ce que ton coeur communique à tes yeux, contre moi, de fureur ! En quoi t'ai-je offensé ? Depuis quand ? Ton Hélène abandonna ta couche, oubliant la pudeur. Tu la gardais bien mal. Dois-je en porter la peine ? ... si l'intérêt des Grecs et ton propre intérêt et même, j'y consens, peut-être le regret de voir s'évanouir ma puissance naissante, assaillirent mon âme et...
Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...vient d'enfermer, ceux qui se sont faits cendre, il n'est point d'étincelle qui dissipe jamais leur nuit perpétuelle. J'avais la rage au coeur et j'étais insensé, mais je vois à présent que j'avais mal pensé. Ah ! Celle dont l'oracle a demandé la vie, n'est-ce pas ton enfant, ta belle Iphigénie ? Oui, c'est le sang d'un frère, et sous le fer cruel du même coup le mien arroserait l'autel. Sèche, sè...
Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...que ses larmes m'ont fait connaître enfin des sentiments meilleurs. A l'homme, tôt ou tard, qui n'est point sans remède dans le vice endurci, la raison vient en aide. Le Choeur le bien succède au mal ; certes, il a raison, qui se montre ainsi sage. Ô noble repentir, ô généreux langage, digne de ta maison ! Agamemnon un amour effréné, l'appât de la richesse, souvent entre parents corrompent la...
Citation n°5 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...c'est pour suivre un époux que notre fille va se séparer de nous. Mais quitter ses enfants, il en coûte quand même ! Clytemnestre puisqu'aussi bien que toi je quitte ce que j'aime, me juges-tu si mal ? Crois-tu qu'en ce moment je reproche à ton coeur son attendrissement ? Non, je l'ai partagé ; mais que pouvons-nous faire ? C'est la commune loi, l'usage nécessaire ; le temps adoucira sans doute...
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